dimanche 23 février 2020

MozartKugeln, Paradeisern und Schlendrian - 2005 : 2020 / Episode 4



Je suis d’une humeur de chien.





Pas le foufou, le trottinant, le docile, le léchouillant ; mais le couard, l’étique, le sans-collier et le sans-panier.





Je file-file, flèche crochue sur la neige molle. Des grains de sable et de sel crissent entre mes griffes.

Sale chien. Sale chien !

Marche ! Marche !! MARCHE !!!



Il disparaît.







Mais rien ne change.

Il faudrait tuer le chien, pas seulement le chasser mais l’effacer. Ils ourdissent alors un nom, puis plusieurs : Nègre, Juif, ou autre, qu’importe ! Le chien est. Ce que l’on veut qu’il soit. Point. 
Le chien se terre, la tête entre les pattes. Il respire à peine. Il attend que les coups tombent en tortillant son corps rond tout en poussant de petits cris ridicules. Il se hait lui-même tout en haïssant ceux qui le font chien.

Lui se voudrait homme, ou femme, ou violon. Quelque chose de joli et d’utile, que tout le monde apprécie.

Mais l’histoire n’était pas prévue comme ça. Il est chien et le restera.


(à suivre)

Vienne 2005 : Paris 2020

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