dimanche 1 mars 2020

MozartKugeln, Paradeisern und Schlendrian - 2005 : 2020 / Episode 5


Dans l’épisode précédent, nous avons emprunté les voies sombres de la destinée canine.

Mais l’histoire n’est pas finie. Certes, le chien n’est plus, mais le souvenir de son nez pointu, de ses oreilles pendantes et veloutées, de ses yeux noirs et brillants ravive une sorte de douceur ; une nostalgie du bonheur d’être... même chien !



Cette nostalgie vacille comme une flammèche, tantôt graisse et tantôt sucre.





Elle se loge dans un autre endroit, une cabane rayée des cartes, invisible et visible à la fois. Elle a envie de rire, à grande onomatopées, en plissant un œil ironique sur l'existence immobile qui l'entoure.



Mais ce n'est pas encore le moment.





C'est vrai, qui pense jamais à se demander ce que le chien peut bien penser ?

(à suivre)






Vienne 2005 : Paris 2020

dimanche 23 février 2020

MozartKugeln, Paradeisern und Schlendrian - 2005 : 2020 / Episode 4



Je suis d’une humeur de chien.





Pas le foufou, le trottinant, le docile, le léchouillant ; mais le couard, l’étique, le sans-collier et le sans-panier.





Je file-file, flèche crochue sur la neige molle. Des grains de sable et de sel crissent entre mes griffes.

Sale chien. Sale chien !

Marche ! Marche !! MARCHE !!!



Il disparaît.







Mais rien ne change.

Il faudrait tuer le chien, pas seulement le chasser mais l’effacer. Ils ourdissent alors un nom, puis plusieurs : Nègre, Juif, ou autre, qu’importe ! Le chien est. Ce que l’on veut qu’il soit. Point. 
Le chien se terre, la tête entre les pattes. Il respire à peine. Il attend que les coups tombent en tortillant son corps rond tout en poussant de petits cris ridicules. Il se hait lui-même tout en haïssant ceux qui le font chien.

Lui se voudrait homme, ou femme, ou violon. Quelque chose de joli et d’utile, que tout le monde apprécie.

Mais l’histoire n’était pas prévue comme ça. Il est chien et le restera.


(à suivre)

Vienne 2005 : Paris 2020